• 3 questions à Janina Blosfeld, Consule d’Allemagne à Rennes

     • Publié le 3 avril 2018 • Rubrique(s) L'Europe près de chez vous

    Nous avons posés trois questions à Janina Blosfeld-Cressard, consule d’Allemagne à Rennes depuis novembre 2017. Elle nous explique son rôle, nous parle de son sentiment européen et de sa vision de l’avenir de l’Union européenne. 

    Janina Blosfeld

    En quoi consiste votre fonction en tant que représentante consulaire?

    Depuis novembre 2017, je suis consule honoraire de la République Fédérale d’Allemagne à Rennes. Ma nomination est intervenue sur proposition de l’Ambassade d’Allemagne à Paris, par le ministère des affaires étrangères allemand, avec l’accréditation du ministère des affaires étrangères français et l’exéquatur du Président de la République française.

     Ma circonscription consulaire couvre les départements d’Ille et Vilaine, du Morbihan et des Côtes d’Armor.  Nous sommes 13 consules honoraires allemands en France Métropolitaine et 6 dans les départements et territoires d’outre mer.

     La loi allemande du 11 septembre 1974 sur les fonctionnaires consulaires définit le statut, les missions et les compétences des consules honoraires allemands.  J’exerce les fonctions de consule honoraire bénévolement, à coté de l’exercice de mon activité professionnelle (je suis avocate au barreau de Rennes en droit des affaires, gérante-associée de mon cabinet).  Bénévolement signifie que je ne perçois pas de traitement du ministère des affaires étrangères. Mais je conserve les droits de chancellerie pour les services juridiques et consulaires que je rends aux allemands établis ou de passage en Bretagne : demandes de passeports allemands ; authentifications de signatures par exemple pour des certificats de naissance et des déclarations d’état civil ; certifications conformes de photocopies ; certificats de vie. Je travaille de concert avec l’Ambassade d’Allemagne à Paris à laquelle je suis directement rattachée. J’offre une assistance aux allemands en situation d’urgence.

    Par ailleurs, j’assure dans les trois départements évoqués une mission de représentation et de protocole et une activité de promotion des relations franco-allemandes au plan académique, culturel, institutionnel et économique. Là encore, mon action s’effectue de manière synchronisée avec les services de l’Ambassade d’Allemagne à Paris.

     En tant que consule honoraire je suis donc un relais et un interlocuteur de proximité en région au service de la communauté allemande ici en Bretagne et des amis de l’Allemagne et des responsables publics locaux.

     Vous êtes européenne puisque que vous êtes allemande et que vous êtes venue faire vos études en France, mais comment se sentir européen lorsque nous n’avons pas la possibilité de voyager ?

     Je suis venue en France en tant que jeune lycéenne allemande. J’y ai passé le baccalauréat, j’y ai effectué mes études et m’y suis installée, à titre personnel et professionnel.  Ce parcours a été extrêmement simplifié car être allemande en France, en Bretagne, n’a jamais compliqué les choses, au contraire. J’ai conscience de la chance que j’ai, en tant que citoyenne européenne, de bénéficier de cette liberté de circulation garantie par l’Union européenne.

     Je suis heureuse de constater que les jeunes, de part et d’autre du Rhin, me semblent avoir la même envie que moi de découvrir et d’expérimenter l’Europe. Pour ma génération et la génération après-moi, c’est normal, presque banal, de voyager, pour découvrir ce qui se passe chez nos voisins, et de saisir les opportunités qui en résultent. Et tant mieux.  Cette liberté de circulation permet en effet très concrètement de se sentir européen.

     Il existe de nombreuses initiatives publiques et privées dont l’objectif est de donner vie à cette liberté fondamentale et la rendre possible au plus grand nombre.  Les jumelages entre collectivités, écoles, universités, associations – sportives, culturelles et autres –, jouent un rôle primordial. Ils sont extrêmement nombreux au niveau binational – France/Allemagne – et je ne peux que m’en réjouir.

     Tous ces acteurs ont, me semble-t-il, à cœur que cette « liberté de voyager » ne soit pas réservée à une partie privilégiée de la société civile, une élite académique et cosmopolite, autrement dit à ceux qui vont à l’université, alors qu’elle reste un concept abstrait pour une autre partie qui n’a pas « les moyens de ». Tous ces acteurs doivent travailler à ce qu’elle devienne une réalité tangible, tous secteurs confondus.

    Comment voyez-vous le futur de l’Union européenne dans le monde actuel ? Pour reprendre Enrico Letta, comment faire l’Europe dans un monde de brutes ?

     Il serait inapproprié de prétendre détenir la réponse à cette question complexe et de tenter de la formuler en quelques lignes ici.  Comme tout citoyen européen attaché aux valeurs européennes communes, je suis naturellement très attentive aux questions concernant l’avenir de l’Union européenne et suivrai avec grand intérêt la feuille de route que Paris et Berlin ont déclaré vouloir établir.

     Je suis convaincue, et ne suis a priori pas la seule, que le couple franco-allemand jouera un rôle de premier plan dans la construction de cet avenir européen.  Je reste tout aussi attentive au renforcement de la la coopération binationale franco-allemande avec la proposition d’un nouveau Traité de l’Elysée annoncée récemment.  A suivre.

     

     

     

     

     

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