Temps maussade, jours pluvieux et arbres aux feuilles orangées… C’est aussi ça, le mois de novembre. Mais savez-vous pourquoi ce mois revêt une importance toute particulière pour la République slovaque ? Vous pourrez le découvrir lors d’une promenade automnale, en venant admirer notre nouvelle vitrine à la Maison de l’Europe.

Vitrine Nov 26

Crédit photo : MDE de Rennes

Qu'est-ce qui vous vient en premier à l'esprit quand on parle de la Slovaquie?

Ce mois-ci, notre stagiaire Mária a préparé une vitrine dédiée à son pays d’origine : la Slovaquie. Nous sommes convaincus que tout le monde a déjà entendu parler de la Slovaquie, mais au cas où ce ne serait pas le cas, il s’agit d’un petit pays situé au cœur de l’Europe, bordé par la Pologne, la République tchèque, l’Autriche, la Hongrie et l’Ukraine. Avec une population d’environ 5,4 millions d’habitants, la Slovaquie ne peut certes pas rivaliser en taille avec de grands pays comme la France, elle a pourtant énormément à offrir.
 

Quand on pense à la Slovaquie, la première image qui vient à l’esprit est celle d’un pays vert et montagneux, riche en traditions folkloriques. Et c’est bien le cas : la Slovaquie est un pays de montagnes, dominé par la chaîne des Hautes Tatras, dont le plus haut sommet est le Gerlachovský štít (2 655 mètres).

 

Mais la Slovaquie ne se résume pas à ses massifs montagneux ; elle peut également s’enorgueillir d’un riche patrimoine souterrain. Elle abrite en effet une curiosité unique en Europe : la grotte d’aragonite d’Ochtina. Il n’existe que trois grottes de ce type accessibles dans le monde, et celle de Slovaquie est la seule en Europe.

 

Saviez-vous que la Slovaquie possède le plus grand nombre de châteaux et de manoirs par habitant au monde ? Oui, c’est aussi cela, la Slovaquie.

Des extraits de l'exposition « République slovaque, le cœur vert de l'Europe »

Crédits : MDE de Rennes

Pourquoi le mois de novembre en particulier ?

Pour les Slovaques, mais aussi pour les Tchèques, le 17 novembre est une fête nationale majeure commémorant la « Journée de lutte pour la liberté et la démocratie ». Depuis 1918, la Slovaquie formait avec la République tchèque un État commun, la Tchécoslovaquie, qui a été largement soumis au régime communiste. Cela signifiait une chose : l’absence de liberté sous toutes ses formes. Pourtant, en 1989, tout a changé…
 

Le choix du mois de novembre n’a donc rien de fortuit. C’est le mois où, à deux époques différentes (en 1939 et en 1989), la jeune génération s’est heurtée à la brutalité de deux formes de totalitarisme : d’abord le nazisme, puis le communisme. Le 16 novembre, une marche improvisée d’étudiants s’est déroulée à Bratislava. Ils ont chanté l’hymne national, scandé des slogans en faveur de la liberté, de la liberté religieuse et civique, et ont réclamé un dialogue avec le pouvoir. Ce mouvement de contestation pacifique s’est déroulé sans intervention policière, insufflant ainsi du courage à l’ensemble de la société. Dès le lendemain, le 17 novembre 1989, un rassemblement commémoratif autorisé pour le 50e anniversaire des événements de 1939 à Albertov (Prague) s’est transformé en une marche pour la liberté. La résistance étudiante d’autrefois face au fascisme s’est ainsi muée en opposition au régime communiste. Lorsque les forces de l’ordre (la Sûreté publique, VB) et les unités spéciales ont brutalement maté les étudiants désarmés sur la célèbre avenue Národná třída, la peur a basculé dans le camp des citoyens. Toute la société civile s’est mobilisée et des grèves massives ont éclaté, au cours desquelles le tintement des clés est devenu le symbole du mouvement. Le pouvoir communiste, perdant tout assise, a fini par capituler, jusqu’à l’élection, le 29 décembre 1989, d’un nouveau président tchécoslovaque : Václav Havel, alors leader de l’opposition et dissident. Le Parti communiste n’a donc pas cédé sous l’effet d’un coup d’État armé, mais sous le poids de la perte totale de soutien populaire, de la paralysie de son propre appareil et d’un transfert progressif et constitutionnel du pouvoir.

 

C’est précisément grâce à ces événements amorcés en novembre 1989 que la Slovaquie d’aujourd’hui, en tant qu’État indépendant et démocratique, est membre de l’Union européenne — et c’est aussi grâce à cela que nous avons aujourd’hui le plaisir de travailler avec notre stagiaire Mária au sein de l’équipe de la Maison de l’Europe.

Mária Kovalčíková, stagiaire à la MDE 35 – EUROPE DIRECT