HISTOIRE DE LA CRÉATION DE L'UNION EUROPÉENNE

Du discours aux traités : un projet commun pour une paix durable

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’impératif est d’ancrer une paix durable. Sous l’impulsion de Jean Monnet, le discours de l’Horloge prononcé par Robert Schuman le 9 mai 1950 propose de placer la production de charbon et d’acier sous une autorité commune.

 

Cette initiative débouche en 1951 sur la signature du traité de la CECA, scellant la réconciliation franco-allemande au sein d’une Europe à six.

 

L’intégration s’approfondit en 1957 avec la signature de la CEE (traité de Rome), visant la création d’un marché commun. Portée par ce succès économique, la Communauté s’ouvre au monde : 1973 marque le premier élargissement (Royaume-Uni, Irlande, Danemark), tandis qu’en 1979, les premières élections du Parlement européen au suffrage universel apportent une voix démocratique directe aux citoyens.

 

Le projet franchit une étape régalienne avec la signature de l’accord de Schengen en 1985, abolissant les frontières intérieures. Mais c’est en 1992, avec la signature du traité de Maastricht, que l’Union européenne naît officiellement, ouvrant la voie à la création de l’Euro (1999) et à la proclamation de la Charte des droits fondamentaux (2000), unifiant le continent autour de valeurs humaines et monétaires.

 

Le nouveau millénaire est celui des grands basculements. En 2004, l’entrée de 10 nouveaux pays unifie l’Europe de l’Est et de l’Ouest, malgré les doutes institutionnels marqués par l’échec de la Constitution européenne en 2005. Ce blocage est résolu par l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, qui modernise le fonctionnement de l’Union.

 

Enfin, l’histoire récente oscille entre intégration et retrait : alors que la Croatie rejoint les rangs en 2013, le Brexit en 2020 voit le Royaume-Uni quitter l’Union. Pour autant, la zone monétaire continue de s’étendre : après l’adhésion de la Croatie à la monnaie unique, la Bulgarie devient en 2026 le dernier pays à rejoindre la zone euro, confirmant l’attractivité persistante du projet de Schuman.