• Numéro spécial Europe pour les 5 ans de l’hebdomadaire “Le 1”

     • Publié le 1 juillet 2019 • Rubrique(s) Actualités de l'Union europénne

    Le 1

    Le Chiffre du mois : “1”

    Pour une fois ce « 1 » n’est pas un chiffre, mais un nom. Celui de l’hebdomadaire « Le un » qui fête ses 5 ans en consacrant son 250ème numéro -les voilà les chiffres-à l’Europe. Il a, pour cela, donné la parole à l’écrivain Emmanuel Rubin qui a trouvé « notre pays [l’Europe] bien petit » en le sillonnant à vélo pendant 48 jours : « Il est temps, pour nous autres Européens de réécrire notre géographie et de rendre visite à nos voisins ». Il a ensuite rencontré Enrico Letta, ancien président du Conseil italien (2013-2014) qui, après avoir expliqué la montée de l’extrême droite principalement par l’incurie des Européens dans la gestion de la crise migratoire, les somme maintenant de bien choisir leurs représentants, « des personnes capables de traiter avec les brutes et de leur résister » (comprendre par « brutes » les Xi, Trump et autre Poutine, ndlr) et surtout de faire en sorte « d’être ensemble sous peine de devenir des colonies américaines ou chinoises ». Emmanuel Rubin est encore plus radical quand il avertit que « l’Europe n’aura pas de troisième chance si elle se suicide de nouveau. »

    « Le un » a aussi ouvert ses colonnes à Mathieu Calame, agronome et auteur de « La France contre l’Europe, histoire d’un malentendu ». Pour ce Franco-Suisse, le moment de « faire de l’Union un Etat » est vraiment venu mais il rappelle que, « déjà en 2000, quand l’Allemagne, par la voix de Joschka Fischer, avait proposé d’avancer vers une Europe fédérale, la France l’avait éconduite. » Il explique ce comportement par un « attachement des gouvernements français à toute une série d’intérêts dans le domaine de l’armement ou dans la relation avec l’ancien empire colonial, la Françafrique. L’historien sénégalais Cheikh Anta Diop l’avait perçu, dit-il, dès 1954 : ‘‘L’Europe se fera sur des bases réellement démocratiques le jour où elle sera persuadée de la perte définitive de l’Afrique ; alors une fédération européenne apparaîtra comme l’unique solution à tous ceux qui, jusqu’alors, se demandaient ce que deviendrait leur pays sans ses colonies.’’ (…) Et aujourd’hui la République en marche ne se distingue pas fondamentalement du Rassemblement national ou de la France insoumise ; aucun de ces partis n’envisage sérieusement de former avec leurs voisins un Etat européen », conclut-il. Pourtant l’idée est dans l’air depuis encore plus longtemps. L’hebdomadaire se souvient que c’est en 1941 que le résistant italien Altiero Spinelli a rédigé un plaidoyer pour une Europe fédérale !

    D.V.

    About