• Et si votre prochaine découverte était Malte ?

     • Publié le 8 octobre 2017 • Rubrique(s) Actualités de l'Union europénne, Actualités de la Maison de l'Europe

    Frédéric SICOT, jeune rennais a fait le choix de découvrir le plus petit Etat de l’Union européenne qui a pourtant la plus forte densité : la République de Malte. A son retour, il nous propose de partager son expérience et de mettre en avant cette île. Vous hésitiez encore ou n’aviez pas envisagé cet Etat dont les deux langues officielles sont le maltais et anglais, alors cet article est pour vous ?

    ” Nous sommes nombreux, à l’approche de la période estivale, une fois les dates de nos congés posées, à nous interroger sur la destination qui sera la notre pour les vacances. Entre les destinations à la mode, la tentation de s’éloigner à la recherche. Ce qui saute aux yeux en arrivant à Malte, c’est d’abord la présence régulière d’une croix spécifique, à huit branches, qui ne peut qu’interroger le nouveau venu. Elle se nomme « Croix de Malte » ou « Croix de Saint-Jean » car elle est le symbole des hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, débarqué à Malte en 1530. Huit branches pour huit « langues »  calquées sur les systèmes linguistiques et nationaux de l’Europe occidentale en 1319 : la Provence, L’Auvergne, la France, l’Italie, l’Aragon, La Castille, l’Angleterre et l’Allemagne. Chacune de ses langues disposait d’un bâtiment commun appelé « auberge », que l’on retrouve en visitant par exemple la capitale « La Valette », avec notamment l’auberge de Castille qui est la résidence actuelle du 1er ministre maltais.e de dépaysement, ou au contraire la volonté de découvrir les beaux paysages que nous offre notre France, et plus particulièrement notre région Bretagne, mon choix s’est , cette année, porté sur une destination européenne ! Comme de plus en plus de Français, j’ai posé le temps d’une semaine, mes valises sur Malte. Une destination assez méconnue jusqu’à présent, mais que l’on gagnerait pourtant tellement à connaître. J’y ai découvert une richesse culturelle exceptionnelle faite d’édifices religieux et de cités de caractère à l’histoire passionnante, des paysages magnifiques éclairés plus de 300 jours par an par un soleil étincelant, une population maltaise fière de faire découvrir son joyau et son histoire… Une histoire éminemment européenne !

    malteL’histoire européenne de Malte passe bien sûr par l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, via ces « Langues » mais aussi son histoire. L’ ordre trouverait son origine à la fin du XIème siècle à Jérusalem, avec notamment la création d’hôpitaux. Il s’installe à Chypre, puis conquiert Rhodes et devient une puissance militaire maritime, défendant la chrétienté . Expulsés de Rhodes par les Turques , chevaliers et grand-maitre constituant l’ordre, s’installent à Malte en 1530 et en deviennent souverain sur décision de Charles Quint, alors roi des Espagnes, de Naples et de Sicile, qui comprit la nécessité d’une puissance militaire en Méditerranée. En 1565, Malte et ses chevaliers font face à une tentative d’invasion par les Turques et quelques 40000 hommes, mais résistèrent bien que beaucoup moins nombreux grâce à la population maltaise et aux renforts venus de pays européens comme l’Espagne et l’Italie. Fort de cette victoire lors de ce qu’il est convenu d’appelé « Le grand siège » (qui sera d’ailleurs la dernière tentative des Turques de ravir des terres dans la Méditerranée occidentale), et soucieux de prévenir toute nouvelle agression, le grand maître de l’ordre Jean Parisot de La Valette décide d’édifier une ville qui deviendra la capitale, et portera son nom : La Valette. On peut notamment y visiter la co-cathédrale Saint-Jean de La Valette, décrite comme l’une des plus belles au monde, et construite entre 1573 et 1577. Co-cathédrale (titre conféré par Pie VII), car elle partage ce titre avec la cathédrale SaintPierre-et-Saint-Paul, située dans l’ancienne capitale Mdina.

    La Valette surplombe ce qu’on appelle « les trois cités », nommées Vottoriosa ( ou Birgu ) , Cospicua ( ou Bormla ) et Senglea. Là encore, l’Europe y a eu rendez-vous avec son histoire lors de la 2nde guerre mondiale, avec notamment Cospicua. Située en retrait des deux autres cités mais toujours faisant face à La Valette, la plus grande des trois cités servait de base militaire aux Britanniques, et fût, à ce titre , partiellement détruite. Comme dans les deux autres cités, on peut cependant y contempler une richesse culturelle inédite, avec notamment Notre Dame de l’immaculée Conception, qui a échappé aux bombardements. Après une reconstruction à l’identique des monuments détruits, Cospicua a conservé tout son charme, et est aujourd’hui en pleine restructuration pour en faire l’une des plus belles marinas de la région. La position stratégique de Malte en Méditerranée a attiré les convoitises de pays européens durant les siècles précédents. Ainsi, la France en a fait son grand relais du commerce français entre 1798 et 1800 après que le 71ème et dernier grand maitre des chevaliers de l’ ordre de Malte se rendit au général Bonaparte, débarqué avec sa flotte en 1798. Viennent ensuite les Britanniques qui coloniseront Malte à partir de 1800. C’est seulement le 21 septembre 1964 que Malte obtiendra son indépendance, votée en 1662 par le parlement maltais, mais accordée après le référendum de mai 1964.

    Avec cette histoire tellement européenne, quoi de plus logique que de voir Malte intégrer l’Union ? C’est chose faite en 2004, sous l’impulsion de Guido De Marco, alors président de Malte et issu du parti nationaliste. Malte, avec ses 450 000 habitants, devint alors le plus petit état de l’ Union Européenne. Une particularité y est à relever sur le plan politique : le parti nationaliste maltais est pro-européen, quand le parti travailliste, actuellement au pouvoir, est plutôt hostile à l’Union Européenne. Il y aurait tant de choses à ajouter sur cette belle découverte, comme vous parler de Gozo où l’on y retrouve les plus vieux temples au monde, de Comino et son « Blue Lagoon »…

    Deux îles maltaises à ne pas manquer lors de votre séjour : mais comme toutes belles rencontres, la découverte de Malte ne se raconte pas, elle se vit. Foncez-y !”

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